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Abus sexuels et troubles des conduites alimentaires (TCA)



Pour que le processus de guérison commence face à l’abus subi, le premier pas est de reconnaître le traumatisme que nous avons vécu, de mettre des mots sur le mal qui a été fait. Peut-être que cet article t’aidera à vivre cette première étape. Cette dernière peut être difficile à traverser car lorsque les choses sont mises à la lumière pour la première fois, notre premier réflexe serait de fuir, mais ce n’est qu’en faisant face à la situation que nous pouvons guérir complètement.


“Ce que tu fuis te poursuit, ce à quoi tu fais face s’efface.


Cela ne veut pas dire effacer le souvenir, mais plutôt effacer la douleur qui y est liée.


Tout ce qui est écrit en italique dans cet article est tiré du livre de Helena Wilkinson « Au-delà d’une alimentation chaotique » (édtions RDF, 2010). Merci Helena pour ton investissement auprès des personnes souffrant des TCA, merci d’avoir écrit ce livre, permettant ainsi de mettre des mots sur beaucoup de maux spécifiques aux désordres alimentaires. J’honore ton ministère et ta persévérance, que tout ce que tu as semé se multiplie ! Que ton livre qui propose des solutions concrètes se répande sur la terre entière afin d’assister à une vague de guérison des cœurs brisés et afin de redonner de l’espoir à ceux qui n’en ont plus.

Lorsque nous subissons un abus sexuel, un manteau de honte et de culpabilité vient se poser sur nos épaules, nous ne parvenons pas à croire ce qu’il s’est passé et préférons enfouir cet événement dramatique au fin fond de notre cœur. Parfois, nous sommes dans une telle douleur que nous optons inconsciemment pour le déni, ainsi le souvenir de cet événement n’existe plus consciemment.



Que se passe t-il lorsque nous enfouissons ce souvenir ? C’est comme si nous mettions un cadenas au fond de notre cœur : “souvenir inaccessible.”



Avec le temps, ce cadenas commence à rouiller, ainsi, la rouille se propage et contamine les autres parties de notre cœur jusqu’à contaminer ce dernier tout entier ! La vie devient alors une fuite et pour la majorité d’entre nous, nous ne savons même pas pourquoi nous fuyons ni l’origine de notre souffrance. Le quotidien devient une espèce de mission de survie dans laquelle nous essayons de trouver toutes sortes de stratégies pour pallier à notre souffrance, et l’une de ces stratégies peut être les TCA.


Un pourcentage relativement élevé de victimes d’abus sexuels contracte un désordre alimentaire par la suite.


Ce que comprend un abus :

  • L’intimité non respectée d’un enfant

  • Un adulte qui exhibe sa nudité

  • Des expressions abusives relatives au sexe

  • La pornographie

  • La Masturbation devant l’enfant

  • Interroger l’enfant sur la raison pour laquelle il n’apprécie pas la nudité de l’un de ses parents

  • L’un des parents portant un intérêt excessif au développement (sexuel) de l’enfant ou aux expériences amoureuses de l’adolescent

  • Les attouchements

  • Les rapports bucco-génitaux

  • Embrasser de manière inappropriée

  • Les relations sexuelles


Quels mécanismes peuvent être mis en place à la suite d’un abus ?


La protection : Par exemple, nous arrêtons de manger. Ainsi, en évitant de manger, nous évitons que quoique ce soit rentre en nous, nous empêchons que quelque chose s’introduise à l‘intérieur de nous. Ou bien à l’inverse, ce traumatisme a laissé un tel vide dans le psychisme que nous voulons à tout prix combler ce vide, remplir ce trou, se remplir de nourriture revient à combler et réparer ce qui a été fait.


Le contrôle : L’abus entraîne un sentiment d’impuissance et de perte de contrôle, ainsi nous voulons contrôler notre corps par le biais de la nourriture et cela nous donne le sentiment d’être aux commandes et que plus rien ne peut nous arriver, nous n’aurons pas à subir un nouveau traumatisme. En réalité, ce n’est pas seulement notre corps que nous contrôlons, mais c’est notre vie toute entière, chaque journée est minutée et tout doit se passer comme nous l’avions prévu.


L’effacement : L’image de notre corps est fortement impactée, nous sommes dégoutés de notre image corporelle et parfois même nous rendons fautif notre propre corps face à ce qui est arrivé : “C’est de ta faute !” Ainsi, nous arrêtons de manger dans le but de retourner à “un corps enfantin” sans formes, sans poitrine (pour les femmes), sans fesses...Une forme de protection contre le sexe, évitant ainsi de subir potentiellement un nouveau traumatisme. A l’inverse, nous pouvons manger à l’excès afin que notre image corporelle devienne peu attrayante, évitant ainsi les regards et donc éliminant les risques d’être abusé à nouveau.


L’évitement : Pour ne pas faire face au réel problème, nous nous réfugions dans un autre gouffre, c’est à dire que notre attention se centre sur un autre sujet que le traumatisme: la nourriture. En étant plongé dans les TCA, nous renvoyons aussi aux autres l’idée que notre problème concerne la nourriture et non pas l’abus, ainsi nous faisons diversion.


La tentative de reconnexion avec notre corps : Suite à l’abus, nous sommes perdus vis à vis de notre corps, soit nous ne le sentons plus, soit nous le sentons trop, on peut aussi le mépriser, en avoir honte... Les TCA peuvent être un moyen utilisé pour s’assurer que notre corps est toujours là, que nous le sentons. Ainsi, pour le sentir, nous cherchons des sensations extrêmes telles que : les vomissements (anorexie boulimie), une faim extrême en se privant de nourriture (anorexie restrictive), le gavage de nourriture entraînant des crampes/douleurs abdominales, ou encore le sport à outrance.


Les mécanismes cités ci-dessus ne sont pas les seuls et sont majoritairement mis en place inconsciemment et involontairement.



Comment faire pour guérir de ce traumatisme ?


Bien qu’en se développant le désordre alimentaire semble aider la personne abusée, il en résulte en fin de compte une souffrance encore plus grande. Repousser les autres dans le but de se protéger elle-même l’isole, l’installe dans une solitude écrasante et renforce son sentiment d’être différente et de ne pas être acceptable. Ce qui l’en reste est un mal intérieur terrible, un cri silencieux. Si elle ne peut pas reconnaître la cause de son supplice, elle ne fera pas l’expérience de quelqu’un qui l’écoute et par la force des choses, se sentira encore plus seule.


La dernière phrase qu’Helena a écrit ci-dessus nous donne une clé afin de sortir de cet engrenage : “Reconnaître la cause de son supplice.” Alors que tu lis cet article, peut-être que certaines choses ont été mises en lumière et que tu constates que tu as subis un abus sexuel. Suite à cette mise en lumière, ne ferme pas ton cœur encore une fois. Après avoir toi même reconnu ce qui a été fait, dans un deuxième temps, il s’agit de trouver quelqu’un de confiance avec qui tu peux en parler. Le fait de libérer ta voix est le premier pas dans le processus de guérison, ne reste pas seul(e) face à ce traumatisme qui finira par te détruire à petit feu. Comme je le souligne dans chacun des articles, seul(e), tu ne pourras pas y arriver. L’abus ainsi que les TCA sont tous deux des facteurs qui te pousse à l’isolement, je comprends que c’est difficile et que ça coûte de sortir de cet isolement, mais tu as toujours ton libre arbitre, tu as la possibilité de choisir, et je t’encourage à choisir d’ouvrir ta voix et de chercher l’aide au bon endroit, où tu te sens en confiance et en sécurité.


Guérir d'un abus est un processus mais il est possible d'en guérir complétement !


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