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Affronter noël avec un TCA


Tes pensées sont tournées en permanence vers la nourriture et voilà que les fêtes de fin d’année approchent… Qui dit fêtes de fin d’année dit plusieurs repas avec de multiples aliments sur la table et de longues heures assis avec de la nourriture sous les yeux. Confrontation directe, immense défi !




Et si cette fois ça se passait bien ? Et si cette fois je décidais de voir les progrès que j’ai fait plutôt que de vivre la situation sous le prisme de l’anxiété ? Et si je profitais de cette occasion pour faire reculer le TCA au lieu de le subir ?





Je comprends vraiment ce que tu peux ressentir. Ci-dessous, un extrait de mon livre (Dans le creux de la vague). J’aimerais t’encourager avec une expérience que j’ai vécue lors d’un repas de famille. Ce n’était pas noël mais le programme était tourné autour de la table alors le défi reste le même… Cela faisait deux mois et demi que j’étais hospitalisée pour anorexie mentale et mon psychiatre m’avait donné une autorisation de sortie pour passer un week-end en famille.


« Ce matin, certains membres de ma famille viennent me chercher à la clinique afin de passer le week-end à la maison avec mes parents. Se déroulera une journée baignée dans la nourriture durant laquelle je subis un inconfort et un mal-être permanents […] j'ai envie de consacrer mes pensées et ma vie à autre chose que l'alimentation !

La journée a pris le déroulement suivant : nous sommes allés manger au restaurant le midi, puis nous avons fait les courses ; les membres de ma famille commencent à grignoter dans la voiture puis, une heure plus tard, nous arrivons au domicile. Mes parents nous accueillent avec des friandises, du gâteau, du chocolat. Je décide de m'éclipser avant la confrontation avec ce banquet et prends le chemin enneigé pour aller rendre visite à la jument se situant non loin de chez moi. Il pleut des cordes, je me fais rincer, tant pis, il vaut mieux cela que de rester autour d'une table. Je reviens et file dans ma chambre dont je suis en train de refaire toute la décoration que je poursuis, cela m'occupe l'esprit.

Puis il est 18 heures, heure de l'apéritif où sont sortis tous les entremets sur la table.

Au bout d'une heure, je commence à avoir faim et ne souhaite pas me goinfrer d'apéritif, j'ai envie de faire un vrai repas. Ce moment s'éternise, mais je décide d'attendre patiemment. Il ne serait pas poli de commencer à manger même s’il s'agit de ma famille et qu'ils comprendraient. J'attends, j'attends... C'est interminable et je suis en train de frustrer mon corps en ne répondant pas à son besoin immédiat. Je m'énerve intérieurement comme une enfant dont on ne cède pas aux caprices et m'en veux tellement de réagir de cette manière ; mais je ne parviens pas à agir autrement, rien ne m'apaise, même pas une respiration ample et profonde.
Vient enfin le moment de s'attabler, trop tard, l'attente était trop longue, une boule s'est formée dans ma gorge et fait disparaître ma sensation de faim. Je suis frustrée, l'envie n'est plus là. Regardant mon assiette et essayant d'avaler une bouchée, l'anxiété redouble d'intensité […] Au bout de quelques minutes, je craque et verse une larme. Je m'éclipse au salon pour pleurer avant d'être rejointe par tous. Ils me rassurent, comprennent, ne m'en veulent pas et sont conscients de ma fragilité.
Après cet instant que je perçois comme étant ridicule et honteux, je retourne à table et mange malgré toutes ces émotions envahissantes. Je n’ai plus du tout faim mais je ne céderai pas aux pensées pathologiques, malgré ma boule dans la gorge et la sensation d’appétit disparue, j'attaque mon assiette avec détermination. Ce ne sont pas mes émotions qui vont dicter mes prises alimentaires ! Je tape dans tous les plats, mon ventre va exploser, c'est trop, beaucoup trop et je le sais, mais au moins la petite voix qui me pousse à me restreindre n'aura pas gagné ce soir et j'en suis fière. »


Cette histoire pour t’encourager à regarder les victoires et les progrès au lieu de regarder ce qui ne va pas et ce qui est encore difficile. Aussi petits soient-ils, que tu puisses voir ces progrès, que ton regard change de focus. Dans la situation précédente, j’aurai pu voir tout ce qui n’allait pas : mes pensées encore tournées vers la nourriture à 99% si ce n’est pas 100%..., mes émotions qui partent dans tous les sens, mon incapacité à attendre patiemment l’heure du repas comme tout le monde, la fuite lorsque je me retrouve face à des gâteaux au chocolat en arrivant à la maison, fuir et me retrouver seule plutôt que de partager un temps de communion avec ma famille, la rigidité de mon fonctionnement face à des prises alimentaires hors repas (ex : apéritif) etc.

Et pourtant, ce soir là, j’avais décidé de regarder le progrès, je n’avais pas cédé à la petite voix qui me poussait à me restreindre et à ne pas manger du tout ! Cette fois j’avais gagné, j’étais tellement reconnaissante et me réjouissais des victoires à venir.




Ce que je souhaite de tout mon cœur pour toi c’est que tu puisses aborder ces repas de fin d’année avec une paix surnaturelle, celle qui vient d’en Haut, et que tu puisses être attentive à chaque petit progrès. Tu peux les célébrer ! Souvent, on a tendance à les oublier, alors prends un petit carnet que tu appelleras « victoires » et écris à l’intérieur chacune de tes victoires. A chaque fois que tu agis ainsi, tu repousses le trouble, son emprise diminue fortement. Le TCA n’aura pas le dernier mot, courage, tu vas y arriver.


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